Publié par Formation Médicale Continue

 

De l’arrêt de travail de longue durée vers la reprise du travail :

 

difficultés et pratiques.

 

 

 

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Conclusion


          La prescription de l’arrêt de travail, acte fréquent en médecine générale, nécessite de nombreuses compétences et connaissances.

          Le renforcement du contrôle médical et l’expérience professionnelle propre à chaque médecin les incitent à modifier leurs pratiques afin d’anticiper les difficultés de reprise du travail.

          Mais de nombreux facteurs s’imposent aux médecins et freinent cette reprise.


L’analyse des difficultés rencontrées par les médecins généralistes a permis d’identifier deux situations :


D’un coté, les difficultés de maintien en emploi des personnes de plus de 50 ans, travailleurs physiques, atteints de pathologies ostéo-articulaires, pour lesquels il existe peu de possibilités de reclassement professionnel au sein des entreprises.

          Le lien entre ces troubles et l’activité professionnelle a rarement été décrit par les médecins de notre étude alors qu’il est reconnu dans la littérature.

          Ainsi un repérage plus précoce de ces travailleurs par les médecins traitants en collaboration avec les médecins du travail, pourrait permettre d’anticiper la détérioration de leur état de santé en mettant en place des adaptations de poste.

          Devant ce constat et le recul de l’âge du départ à la retraite, Il apparaît indispensable que nos gouvernements développent des actions visant à favoriser le reclassement professionnel des travailleurs vieillissants afin d’éviter que la prescription de l’arrêt de travail ne devienne un moyen pour sortir prématurément du marché du travail.


D’un autre côté, le contexte économique actuel favorise l’émergence de risques psychosociaux et la détérioration des conditions de travail.

          Ces deux facteurs ont des conséquences négatives sur la santé des travailleurs et sont à l’origine de troubles anxio-dépressifs réactionnels. Les médecins généralistes utilisent l’arrêt de travail pour protéger leurs patients.

         Ainsi, plus que le problème médical, c’est la situation globale du patient, en particuliers sa situation socio-professionnelle qui amène les médecins généralistes à des questionnements sur la reprise du travail.          

          L’arrêt de travail permettant alors la reconnaissance sociale de problèmes non médicaux, le plus souvent insolubles.

          De plus, de nombreux critères décisionnels subjectifs interviennent lors de la prescription et sont laissés à l’appréciation du médecin généraliste, qui lié par une relation privilégiée avec son patient, éprouve des difficultés pour évaluer son aptitude au travail.


          Notre étude confirme donc l’importance d’une communication précoce entre les différents acteurs impliqués dans la prise en charge de l’arrêt de travail en particulier avec le médecin du travail qui apporte une analyse sur la situation au travail.

          Cependant, elle révèle une méconnaissance de certains acteurs et une connaissance inégale des dispositifs d’aide au maintien dans l’emploi.

          Ce constat appelle à des mesures de formation professionnelle.