Publié par PréVaRance


Le Programme PréVaRance


Le contexte
    Les maladies vasculaires représentent en France, la première cause de mortalité, le premier motif d'admission en Affection de Longue Durée (ALD) et le 3eme motif d'admission en hospitalisation.

Sous le terme de maladies vasculaires se retrouvent de nombreuses pathologies et au premier rang d'entre elles, en terme de morbi mortalité, les cardiopathies ischémiques et les maladies cérébrovasculaires.
L'approche curative développée au sein des établissements de santé ou dans le système de soins ambulatoire révèle ses limites, si l'on en croit les études qui mettent en évidence le décalage important entre les pratiques professionnelles et les préconisations des experts, que ce soit pour le traitement du diabète, de I'HTA ou de l'hypercholestérolémie.

    La fréquence rapportée des hypertensions ou des diabètes non dépistés ou non pris en charge pose la question non seulement de l'accessibilité d'une partie de la population à une offre minimale de services, mais également de l'efficacité du système de santé à identifier, à évaluer le niveau de risque vasculaire des individus et à leur proposer une stratégie de prise en charge globale et coordonnée; et ce malgré les fréquents contacts que ces individus peuvent avoir avec les différents acteurs de santé qui coexistent actuellement.

Ainsi, le système actuel permet mal de prendre en considération le caractère chronique de la maladie.

    Si l'approche curative est dominante lorsque la maladie vasculaire est constituée (insuffisance coronarienne, accident vasculaire cérébral..) elle est aussi présente devant la présence d'un certain nombre de facteurs de risques de ces maladies (Traitement des hypertension artérielles et du diabète).
     Pour autant le traitement de ces dernières peut être considéré comme une prévention primaire des maladies cardiaques ou neurologiques tant qu'elles ne sont pas apparues, voire une prévention secondaire ou tertiaire selon que ces maladies ont été dépistées ou sont constituées. A l'inverse la lutte contre le tabagisme, ou la sédentarité constituent la prévention primaire de la maladie hypertensive et s'adressera, sous des modalités différentes, à un individu en bonne santé, ou à un individu qui aura développé une maladie cardiaque sans pour autant être porteur de ces facteurs de risque.

On touche là aux limites des schémas réducteurs entre l'approche curative et l'approche préventive, entre les notions de prévention primaire, secondaire et tertiaire.
La prise en charge de la maladie vasculaire supposant bien
    -une approche globale qui prenne en compte aussi bien la thérapeutique de la maladie que la prévention ou la thérapeutique des facteurs de risques
    -une approche pluridisciplinaire des facteurs de risques, des maladies et des complications qui associe des spécialités différentes: cardiologie, endocrinologie, neurologie, néphrologie, nutrition         -une approche qui associe médicaments et techniques médicales aux techniques éducatives et comportementales
    -une approche individuelle du sujet et du patient reposant sur un projet thérapeutique et non pas sur une succession d'actes

Afin de favoriser ce type de prise en charge, la réforme de l'Assurance Maladie a d'ailleurs promu le rôle de médecin traitant, incitant chaque patient à en identifier un.

Le programme

Fort de ce constat, I'URML, en partenariat avec Cap Réseau et le réseau RIVARANCE  proposent d'expérimenter, sur un territoire donné, cette approche de prévention et de prise en charge du risque vasculaire en ambulatoire.

Le premier temps consistera à évaluer de manière systématique et structurer le risque cardio vasculaire auprès de la population cible :
    -à savoir les hommes de 50 à 54 ans (inclus) et les femmes de 60 à 64 ans (inclus)
    -résidant dans le territoire de l'expérimentation. (DINAN-SUEVERT-LEHON-PLEUDIHEN)

Sachant que la majorité des patients dans ces tranches d'âge consultent un médecin généraliste au cours de l'année et qu'un nombre croissant de personnes ont choisi un médecin traitant, cette population cible sera composée des patients vus par un médecin généraliste en consultation ou en visite (hors permanence des soins) aux quels s'adjoindront les personnes repérées par les pharmaciens et les personnes invitées par l'Assurance Maladie à se rendre auprès de leur médecin traitant.

Le résultat de cette évaluation de risque cardio vasculaire permettra de repérer les patients à haut risque vasculaire et de proposer à ces derniers un projet thérapeutique composé d'un volet dit "medical" (et constitué d'actes de consultations et de prescriptions établis par différents professionnels   prescriptions médicamenteuses, surveillance biologique, actes de kinésithérapie, consultation de surveillance ....) et d'un volet éducatif.

Ce dernier, formalisé par un contrat thérapeutique, permettra la mise en place, par des IDE libérales, d'un programme d'éducation thérapeutique organisé, sous la forme d'entretiens individuels, en modules pédagogiques. Ces entretiens pourront être associés à des interventions dans le domaine de la diététique ou de la tabacologie par exemple et à des activités de groupe proposés par le réseau de prévention cardio¬vasculaire.

Les enseignements de cette expérimentation permettront aux représentants professionnels et institutionnels de
 
   1. Proposer un nouveau modèle d'organisation des soins tant dans son approche préventive que curative, non plus seulement en direction du patient mais en direction d'une population.

    2. Préciser comment aider les médecins généralistes, dans le cadre de la réforme du médecin traitant, à remplir leurs missions.

    3. Disposer de perspectives pour le développement des réseaux à travers notamment une plus grande mobilisation des médecins et des patients.

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