Publié par Formation Médicale Continue

Ces secrétaires, si chères aux médecins   Image-1-copie-2.jpg

Gérer les rendez-vous, accueil des patients…

Les secrétaires médicales sont souvent d'un grand secours aux médecins.

Encore faut-il pouvoir s'offrir leurs services.

Pour la première fois, une étude a été menée sur les pratiques et besoins des médecins en la matière. Si certains s'accommodent de l'absence de secrétaire, d'autres se regroupent et s'autorisent à souffler un peu. 

 

"Je suis installé depuis quinze ans et je travaille sans secrétaire et sans rendez-vous !",explique le docteur Eric Henry, généraliste du Morbihan et secrétaire général national du SML. Un choix radical face aux problèmes du secrétariat que rencontrent les médecins dans leur exercice. "Ca me coûte zéro, et au moins je ne m'engueule avec personne", plaisante le médecin.

 

"Près d'un tiers des médecins généralistes se passent de secrétariat" 

          Pour mieux connaître les besoins des médecins en matière de secrétariat et dresser un état des lieux de la situation, l'Union régionale des professions de santé (URPS) de Rhône Alpes a dévoilé hier une étude sur le sujet. La première en France. "Près d'un tiers des médecins généralistes se passent de secrétariat", explique le docteur Pascal Dureau, coordinateur du groupe de travail.

             Et parmi ces médecins autonomes, un profil se dégage : celui du généraliste de plus de 60 ans, en secteur 1. "Avec ce que ça induit de risque de burn-out, c'est très lourd de tout gérer", souligne le docteur Dureau. Et contrairement à une pratique plus ancienne, rares sont les médecins qui se font aider par un conjoint ou une autre bénévole.

         En majorité, c'est une question de coût qui incite les médecins à ne pas prendre de secrétariat. Mais pas seulement : près de 30% des médecins assurent que c'est parce qu'ils n'en ressentent ni le besoin ni l'envie. "Je n'ai pas envie de déléguer la prise de RDV car je peux gérer déjà un certain nombre de situations par téléphone et organiser mon emploi du temps à ma guise. Par contre ce qui est lourd c'est tout le travail administratif qui s'ajoute d'année en année et qui n'est pas médical", témoigne un généraliste auprès de l'URPS.

        En effet, si le docteur Henry est très satisfait de son choix, comme 65% des médecins..qui le font, il admet que cette organisation a aussi ses désagréments. "Ca me coûte en temps. Je prends environ un appel par consultation, très rapidement. Mais c'est aussi un problème pour créer de l'interprofessionalité. Je n'ai pas que ça à faire d'appeler le kiné ou le pharmacien. Mais je le fais quand même", peste le médecin, en soulignant qu'un autre inconvénient est celui de l'accueil des patients. "Ça doit être quelque chose d'humain, un cabinet de médecin. Et peut-être que les patients raconteraient des choses à la secrétaire qu'ils ne me disent pas à moi…"

 

500 euros mensuels dans un secrétariat téléphonique 

           Malgré cela, pour rien au monde il ne ferait le choix intermédiaire du télésecrétariat, comme l'ont pourtant fait trois généralistes sur dix. "Ça coûte trop cher pour le service rendu ! Et au moins personne ne vient mettre le nez dans mon emploi du temps", assure le Dr Henry.

     

          Dans son enquête, l'URPS de Rhône Alpes révèle qu'en moyenne les médecins investissent autour de 500 euros mensuels dans un secrétariat téléphonique qui assure la gestion des rendez-vous. "Ce sont surtout des femmes, qui font le choix du télésecrétariat, confie le coordinateur de l'étude pour l'URPS, Pascal Dureau. Surtout des jeunes, en secteur 1. C'est clairement du à leurs contraintes économiques."

          "Quand je me suis installée il y a huit ans, j'ai pris un secrétariat téléphonique. Toute seule, je n'avais clairement pas les moyens d'employer une secrétaire", se souvient Isabelle Crussaire, gynécologue. "Ca présente un avantage pour les patientes, qui peuvent prendre rendez-vous de 8h à 20h ou nous laisser des messages. C'est génial pour elles, mais ça nous coûte plus d'un euro par appel." 

           Maintenant qu'elle exerce avec deux confrères, elle s'est offert les services d'une secrétaire à mi-temps. "Elle a commencé en septembre, je n'ai pas encore fait sa première fiche de paie, mais à trois, ça nous coûte moins cher que le secrétariat téléphonique, c'est sûr", garantit la praticienne. D'autant que les services rendus par la secrétaire sont plus nombreux. Là où le télésecretariat n'assure que les prises de rendez-vous, la secrétaire "scanne les examens, gère les patientes… C'est toujours plus agréable d'avoir quelqu'un qui vous dit bonjour et vous dirige vers la salle d'attente".  Pour le moment, le Dr Crussaire et ses confrères cumulent ce poste à mi-temps et le secrétariat téléphonique, comme une minorité de médecins. "Mais on est en phase d'adaptation. C'est sûr que ce serait génial d'avoir une secrétaire à temps plein, et un répondeur le reste du temps", s'enthousiasme la praticienne.

Pour 74% des médecins, ce poste représente jusqu'à 15% de leurs charges

         Dans son enquête, l'URPS de Rhône Alpes estime que le coût d'un poste de secrétaire à temps plein oscille entre 2000 et 2500 euros. "Mais beaucoup choisissent le temps partiel, quitte à en prendre deux, pour pouvoir gérer les congés ou les arrêts maladie", souligne Pascal Dureau. Pour 74% des médecins, ce poste représente jusqu'à 15% de leurs charges. "Ca veut quand même dire que 26% sont prêts à payer plus de 15%", fait remarquer le coordinateur de l'étude. Un poste très conséquent dans le budget du praticien, difficilement envisageable dans un cabinet seul. "70% des médecins qui ont une secrétaire la partagent avec d'autres médecins", confirme le Dr Dureau.


          Quel que soit leur choix, les médecins sont globalement satisfaits,mais admettent qu'ils apprécieraient un coup de pouce pour l'emploi d'une secrétaire à leur cabinet.


"Ils formulent plusieurs pistes : une augmentation des honoraires ou une majoration selon la présence ou non d'un secrétariat au cabinet, un allègement des charges ou un forfait secrétariat du type ROSP",

résume Pascal Dureau.



"Maintenant, il faut agir au niveau des pouvoirs publics. Rien qu'en Rhône Alpes, une secrétaire par médecin, ça représente 6 000 emplois créés…".

 


Source

http://www.egora.fr/sante-societe/pratique/185141-ces-secretaires-si-cheres-aux-medecins?pagination=3


 

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