Publié par Formation Médicale Continue

 

"Pour mettre un terme au dépistage intempestif du cancer de la prostate, le rapport Vernant préconise en effet de dérembourser les dosages de PSA réalisés dans ce cadre...

 

L’idée devrait plaire à l’assurance maladie, qui pointe la fréquence de cet examen. Dans son rapport d’orientation sur le 3ème plan cancer rendu public fin août, le Pr Jean-Paul Vernant recommande de « supprimer le remboursement du dosage des PSA réalisé sans signe d’appel clinique chez les hommes sans risque élevé.»

 

Avec cette mesure, l’hématologue parisien entend mettre un terme aux pratiques intempestives de dépistage du cancer de la prostate, et « faire appliquer les recommandations de la HAS pour la pratique du dosage des PSA. »


En 2010, alors que l’AFU plaidait depuis plusieurs années pour un dépistage de masse du cancer de la prostate par dosage du PSA, la Haute Autorité de Santé s’est en effet prononcée contre, arguant d’un bénéfice non démontré.

Deux ans plus tard l’agence enfonçait le clou en publiant un avis concluant à l’absence d’intérêt d’un tel dépistage, y compris chez les hommes à haut risque.


Malgré ces recommandations les dosages de PSA restent encore bien ancrés dans les pratiques avec, selon des chiffres de la CNAMTS parus en 2012, près de 75 % des hommes plus de 55 ans réalisant au moins un dosage de PSA à titre de dépistage.


Or ces pratiques sont « responsable à la fois d’un sur-diagnostic important et d’un sur traitement de petites tumeurs dont on ignore le potentiel évolutif, souligne le rapport Vernant, qui plaide également pour une réduction de 20 % en 5 ans du nombre de prostatectomies."

 

source  REVUE LE GENERALISTE

 

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PSA, remettez en une couche ?

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 RAPPORT VERNANT CANCER 2013

 


extrait sur PSA

  • 2-1-2-5 Le dépistage du cancer de la prostate

    CONSTATS

    Des pratiques de dépistage du cancer de la prostate contraires aux recommandations françaises et internationales

Recommandations pour le troisième plan cancer Page 34

L’évolution de la pratique du dosage des PSA à des fins de dépistage du cancer de la prostate a été extrêmement rapide et ce, en l’absence de recommandations tant au niveau international qu’en France. Ainsi en 2010, 3,8 M de tests PSA (150 M€) ont été effectués. Parallèlement, 71 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués. Cette évolution de l’incidence a été 10 fois plus rapide que celle attendue du fait de l’évolution démographique.

Les dernières recommandations de l’HAS publiées sous forme de questions-réponses en 2012 rappellent qu’il n’y a toujours pas d’indications de dépistage systématique du cancer de la prostate même dans les populations les plus à risque. Malgré cela, les pratiques de dépistage se poursuivent. On peut considérer que l’action 17.1 du 2e plan cancer a été mise en œuvre même si l’information donnée aux médecins généralistes par l’INCa n’a pas encore entrainé de modifications nettes des pratiques.

Des pratiques de dépistage du cancer qui entraine un sur-traitement important avec des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients

L’étude des réseaux FRANCIM (Delpierre 2013, Cancer epidemiology) confirme que le dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA est responsable de sur- traitements : entre 10 et 20 % des tumeurs T1 sont sur traitées. Or le développement de cette pratique du dosage des PSA est responsable d’une augmentation de diagnostics très précoces avec un nombre de tumeurs T1 maintenant plus élevée que de tumeurs T2.

Le nombre annuel de prostatectomies est passé de 6 000 en 1998, à 26 500 en 2007 pour redescendre à 22 000 en 2010 (coût estimé 92 M€). Le récent rapport de la CNAM (Rapport sur l’évolution des charges et des produits de l’Assurance maladie. Propositions pour 2004) pointe cette évolution en posant la question de la pertinence des soins (3.2.2.).

Le nombre de radiothérapies pour cancer de la prostate semble avoir suivi la même évolution que celle des prostatectomies.

L’étude menée par l’AFU (Etude RERAIR), montre que la fréquence des effets délétères des prostatectomies pour cancer sur les fonctions sexuelles, estimés par les patients ou les urologues, est supérieure à 75 % à 1 an.

La pratique, largement répandue du dosage des PSA est responsable à la fois d’un sur- diagnostic important qu’il faudrait mieux quantifier et d’un sur traitement de petites tumeurs dont on ignore le potentiel évolutif. Ces dosages conduisent à des traitements responsables de retentissements importants sur la qualité de vie des patients.

2-1-2-5 a OBJECTIF

Faire appliquer les recommandations de l’HAS pour la pratique du dosage des PSA.

RECOMMANDATIONS

  •   Supprimer le remboursement du dosage des PSA réalisé sans signe d’appel clinique chez les hommes sans risque élevé.

  •   Mettre en place une information indépendante expliquant la balance bénéfices-risques défavorable de la pratique systématique et répétée de ce dosage.

  •   Elaborer une procédure d’information particulière pour les hommes à risque élevé de cancer de la prostate prenant en compte les recommandations de la HAS.

  •   Réduire de 20 % en 5 ans le nombre de prostatectomies (objectif de 18 000 prostatectomies totales).