Publié par Formation Médicale Continue

Trop de médecine nuit


Savoir ne pas prescrire, bien prescrire, et déprescrire, un défi pour les soignants et les patients pour de meilleurs soins.


Au cours des temps, la médecine a contribué à l'augmentation de l'espérance de vie de l'humanité, à côté de l'accès à l'eau potable, de l'amélioration de l'hygiène, de l'habitat, de l'alimentation, du niveau d'éducation, etc. Mais aujourd'hui, au moins dans les pays les plus riches, davantage de soins n'est pas toujours synonyme de meilleure santé.


Un sondage effectué en 2012 en France montrait que les médecins dans leur ensemble estimaient que seulement 72 % des actes médicaux étaient justifiés. Selon eux, la demande des patients serait la principale raison des actes injustifiés. Mais selon un autre sondage réalisé la même année auprès de 1 006 personnes représentatives de la population générale, 75 % d'entre elles ont déclaré attendre des médecins surtout des conseils ou un avis, et 28 % ont souvent pensé, après coup, que la consultation chez le médecin n'était pas nécessaire.


Le British Medical Journal a lancé la campagne "Too much medicine" (trop de médecine) en 2013 pour attirer l'attention sur la menace que représentent pour la santé et les systèmes de protection sociale les surdiagnostics et les surtraitements : « Combattre les excès médicaux dans les pays riches incarne aujourd'hui le vieux désir d'éviter de nuire quand nous essayons d'aider ou de soigner ». Cette campagne rejoint d'autres initiatives dont celle du Journal of the American Medical Association (JAMA) qui publie régulièrement des articles dans sa série "Less is more" (moins c'est mieux).


Trop d'actes inutiles et trop d'actes nocifs : il est de plus en plus manifeste que pour les soignants, face aux très nombreux moyens diagnostiques et thérapeutiques disponibles, il leur faut savoir ne pas prescrire, savoir bien prescrire, et savoir déprescrire. Un beau défi à relever avec les patients.

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©Prescrire 1er septembre 2013
"Trop de médecine nuit" Rev Prescrire 2013 ; 33 (359) : 693. (pdf, accès libre)