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Prostate : la HAS dit non au dépistage de masse par dosage de PSA ( lien)
Dans un avis rendu mardi, la Haute Autorité de santé confirme sa position d’il y a dix ans. Il y aurait, selon elle, plus d’inconvénients que d’avantages à
organiser un dépistage de masse du cancer de la prostate par dosage du PSA. Pour arriver à cette conclusion, les experts s’appuient sur deux récentes études parues dans le NEJM.
Même s’il ne révolutionne pas la position des autorités sanitaires françaises sur le sujet, voilà un avis qui risque de faire couler beaucoup d’encre, tant la question est polémique.
Dans le débat sur la nécessité d’un dépistage systématique du cancer de la prostate, la Haute Autorité de santé (HAS) vient en effet de conclure qu’il était urgent d’attendre.
Depuis une dizaine d’années, la question oppose experts de santé publique et urologues :
en schématisant, les premiers penchent dans leur majorité pour l’inutilité d’un dépistage de masse via le dosage de PSA,
les seconds étant au contraire nombreux à le prôner.
En janvier 1999, l’ANAES (l’agence nationale d’évaluation en santé, ancêtre de la HAS) avait déjà recommandé de ne pas mettre en place un dépistage systématique et organisé du cancer de la
prostate.
Pour tenir compte des dernières données scientifiques, la HAS a remis le métier sur l’ouvrage, et a décidé d’évaluer deux études publiées en mars 2009 dans le New England Journal of Medicine.
Sur la base de leur analyse critique confiée au Pr Rachid Salmi, directeur de l’Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement (ISPED), la HAS maintient donc ses recommandations
d’alors.
À propos de ces deux études - PLCO* et ERSPC** - visant à déterminer l’intérêt d’un dépistage systématique du cancer de la prostate, la HAS
conclut qu’il n’est pas nécessaire de « réévaluer l’opportunité de la mise en place d’un dépistage systématique du cancer de la prostate » par le dosage du PSA.
« Les deux études sont de qualité inégale et trop hétérogènes pour être comparées », souligne de prime abord la HAS, qui poursuit en estimant que « l’analyse critique de l’ensemble de ces données montre que le dépistage systématique n’a pas fait la preuve de ses bénéfices. »
Et qu’en revanche, ses inconvénients demeurent nombreux : fréquence de faux positifs, sur-diagnostics et traitements inutiles notamment.
En conclusion, la Haute Autorité de Santé renvoie toujours à ses recommandations de 2004 et « insiste sur l’importance de l’information à apporter aux hommes envisageant la réalisation d’un dépistage individuel du cancer de la prostate. »
A ce sujet, elle promet pour bientôt la mise à jour, en collaboration avec l’INCa, de son guide d’information à destination des hommes qui envisagent la
réalisation d’un dépistage individuel du cancer de la prostate.
L’avis de la HAS ne mettra sans doute que très provisoirement un terme au débat sur le dépistage par dosage de PSA.
Rappelons qu’il y a un peu plus d’un an, le rapport du Pr Bernard Debré pour l’OPEPS *** plaidait plutôt en faveur du dépistage de masse et de l’organisation de campagnes grand public, mais à condition que l’on puisse mieux évaluer l’agressivité du cancer dès le stade du dépistage.
Il soulignait les « limites d’une mesure ponctuelle du taux de PSA » et faisait remarquer que « ce n’est pas tant la valeur brute atteinte par le PSA que le rythme d’augmentation de cet indicateur qui est révélateur des formes cancéreuses agressives. »
Enfin, il préconisait deux choses: d’une part, l’usage d’un « test à part entière » qui permette ce calcul, test non invasif, utilisé par les praticiens et remboursé par l’assurance maladie, et d’autre part, la validation d’autres marqueurs que le dosage de PSA.
* PLCO : Prostate, Lung, Colorectal, and Ovarian (essai américain) Andriole GL, Crawford ED, Grubb RLI, Buys SS, Chia D, Church TR, et al. Mortality results from a
randomized prostate-cancer screening trial. N Engl J Med 2009 ;360(13) :1320-8
**ERSPC: European Randomized Study of screening for Prostate Cancer (essai européen) Schröder FH, Hugosson J, Roobol MJ, Tammela TL, Ciatto S, Nelen V,et al. Screening and prostate-cancer
mortality in a randomized European study. N Engl J Med 2009 ; 360(13) :1320-8
***OPEPS: Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé
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