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Supplément médecins Sentinelles

Prise en charge des lombalgies : tendance à s’écarter des consensus.

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John N. Mafi et al. Worsening trends in the management and treatment of back pain. JAMA Intern Med. 2013

 

http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1722522

          Des recommandations pour la prise en charge des lombalgies existent dans de nombreux pays (en France, le document intitulé "Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d’évolution", publié en 2000, est disponible sur le site de la HAS). Unknown-copie-8.jpeg


        Afin d’évaluer les changements de pratique intervenus depuis la mise en place de recommandations aux USA, des chercheurs américains ont analysé les bases de données de deux systèmes de soin considérés comme représentatifs de l’activité de consultation en soins primaires aux USA. L’étude a porté sur une période comprise entre 1999 et 2010. Durant ces douze années, un échantillon de 23 918 patients avait consulté pour une lombalgie non symptomatique d’un cancer ou d’une infection.


          Une majorité de femmes constituait cet échantillon (58%) et l’âge moyen était compris entre 49 et 53 ans, selon l’année. Une diminution du recours aux AINS ou au paracétamol (médicaments recommandés) a été notée pendant la période d’analyse (de 36,9% à 24,5%, p < 0,001). Au contraire, la prescription d’opiacés (non recommandée) a augmenté de 10,0% (p< 0,001). Le recours à la physiothérapie et le nombre de radiographies se sont maintenus stables (20% et 17% respectivement). En revanche, le recours à d’autres spécialistes et la demande de scanners ou d’IRM (non recommandés) avait augmenté de 4,1% et 7,2%, respectivement (p < 0,001).


        Ainsi, aux USA, le non respect des recommandations existantes semble s’accentuer, induisant selon les auteurs des dépenses supplémentaires, sans amélioration de la qualité des soins. Il n’est pas possible d’extrapoler ces données au contexte français, mais la lecture de cet article pourrait nous inciter à regarder d’un peu plus près la façon dont nous appliquons nos recommandations.

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