Publié par Martin Winckler

Pour prendre la pilule, examen gynécologique, examen des seins et prise de sang ne sont pas nécessaires...

c'est  ce que dit   Martin Winckler .....alias Dr  Marc ZAFFRAN

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     Unknown.jpeg   En France, lors des consultations pour prescription de pilule, de nombreux médecins (gynécologues comme généralistes) imposent aux femmes un examen gynécologique (toucher vaginal), un frottis de dépistage du cancer du col et un examen des seins. Or, pour l’ensemble de la communauté scientifique internationale, ces examens sont inutiles lors d’une première consultation chez les femmes en bonne santé n’ayant aucun symptôme particulier et consultant uniquement pour la prescription (ou le renouvellement) d’une contraception orale. Ceci est également valable si la femme demande la pose d’un implant contraceptif, qui équivaut à une contraception orale par progestatifs seuls : pour se faire poser un implant, il n’est ni indispensable, ni même nécessaire de subir un examen gynécologique...

La non-nécessité de l’examen gynécologique est avalisée par le Conseil de l’Ordre des médecins dans son bulletin d’avril 2007 consacré à la prévention des IVG chez les mineures
[Il n’est d’ailleurs pas non plus utile de se faire doser son cholestérol ! Lire l’article sur le sujet)
Il n’est pas non plus indispensable de se faire faire un frottis cervical de dépistage tous les quatre matins lien
L’attitude de l’IPPF (International Planned Parenthood Federation - Fédération internationale des associations de contrôle des naissance) à cet égard a été clairement énoncée dans un document datant de février 2003, que vous pouvez télécharger intégralement en cliquant ICI

                                                                                       En voici la synthèse

L’examen des seins :
La raison habituellement avancée pour justifier la palpation des seins ou l’examen pelvien avant prescription de la pilule ou d’injectables est qu’ils permettent de vérifier l’absence d’affections constituant des contre-indications à la contraception hormonale, ou qui seraient aggravées par cette dernière.
L’OMS a défini les critères médicaux à prendre en compte en cas d’utilisation d’une méthode contraceptive hormonale.
Le cancer du sein en évolution est considéré comme une contre-indication à toutes les formes de contraception hormonale, car elles sont susceptibles de favoriser la progression de la maladie.
        Cependant, la plupart des femmes qui ont recours à la contraception hormonale sont jeunes et, dans ce groupe d’âge, le risque de survenue d’un cancer du sein est extrêmement faible.
Au Royaume-Uni, seules 16 femmes sur 10 000 auront développé un cancer du sein à l’âge 35 ans, et ce risque est probablement encore inférieur dans les pays en développement. (...)
       Bien que la pratique consistant à poser des questions relatives à d’éventuels problèmes affectant les seins soit louable, il a été établi que la palpation par des professionnels de santé n’entraînait pas de réduction de la mortalité imputable au cancer du sein.
A l’issue d’un essai auquel ont participé des femmes âgées de 45 à 64 ans (soit un âge bien supérieur à celui de la plupart des utilisatrices de contraceptifs hormonaux), seuls 2 % des patientes dirigées vers un spécialiste en raison d’un résultat anormal de l’examen des seins souffraient effectivement d’un cancer du sein.

     La sensibilité insuffisante de l’examen des seins en tant qu’outil de dépistage et la rareté de la maladie parmi les femmes jeunes font qu’il serait nécessaire de faire subir un examen clinique à 175 000 femmes âgées de 20 à 24 ans pour détecter un (1) cas de cancer du sein. En tant que mesure de santé publique systématique, l’examen des seins ne se justifie donc nullement.

       Pourtant, certains cliniciens continuent de plaider pour qu’il soit pratiqué de manière sélective - en partie parce que, indépendamment des résultats des recherches récentes, la pilule est inextricablement liée au cancer du sein dans l’esprit de certaines femmes et que des examens réguliers des seins les rassurent.
     Malheureusement, le manque de sensibilité de ce type d’examen signifie qu’elles sont parfois rassurées à tort. En outre, si le résultat est anormal, elles éprouvent une grande inquiétude.
     Or, le fait de pratiquer un dépistage sur 175 000 femmes âgées de 20 à 24 ans aboutirait à 10 500 résultats positifs erronés (c’est-àdire que les examens donneraient un résultat anormal en l’absence de toute anormalité) pour un (1) résultat positif correct.

Enfin, nombre de femmes souhaiteraient qu’on leur épargne une palpation des seins - qui suscite une gêne bien compréhensible lorsqu’elle n’est pas absolument nécessaire.
Ce type d’examen ne devrait donc être pratiqué que si les antécédents de la patiente le justifient, et donc, sûrement pas chez une adolescente ou une femme de moins de 25 ans qui ne se plaint de rien !!!

L’examen gynécologique (toucher" vaginal)
       Pour quelles raisons fait-on subir un examen gynécologique aux femmes qui consultent en vue d’utiliser la contraception hormonale ?

Les médecins le justifient parfois en arguant qu’il s’agit d’un moyen de détecter une maladie de l’utérus, des trompes ou des ovaires , une infection sexuellement transmissible ou une grossesse.
       Or, pour l’OMS les affections suivantes : endométriose ; fibromes utérins ; tumeurs ovariennes bénignes ; cancer de l’endomètre et cancer ovarien ; ectropion cervical n’interdisent pas que la contraception hormonale soit utilisée en toutes circonstances et même, dans les pays en développement, délivrée par une personne ayant reçu une formation clinique limitée (autrement dit : une infirmière, et non un médecin).

      Les infections sexuellement transmissibles (y compris l’infection à VIH) et l’infection génitale haute ne sont pas non plus des contre-indications à la contraception hormonale.
En effet, aucune de ces affections n’est aggravée par la contraception hormonale (pas plus que la grossesse).


De plus, la présence de la plupart de ces affection est habituellement associée à des symptômes que l’on peut identifier en interrogeant la femme, et cet interrogatoire devrait être fait AVANT la prescription des contraceptifs hormonaux.


       Ces affections sont-elles fréquentes parmi les femmes en âge de procréer, et l’examen gynécologique est-il l’outil le plus approprié pour procéder à ce diagnostic ? La réponse est non, et voici pourquoi :


- le grossissement de l’utérus ou des ovaires ? : Les cancers de l’ovaire et de l’endomètre (paroi intérieure de l’utérus) sont des maladies qui frappent en priorité les femmes ménopausées. Donc, pas les utilisatrices de la pilule...


- Les fibromes utérins ? Ils sont fréquents parmi les femmes en âge de procréer, surtout après 35 ans, mais se transforment très rarement en tumeurs malignes. Chez une femme qui ne présente aucun symptôme, la découverte d’un fibrome à l’issue d’un examen clinique n’a pas d’incidence, d’autant plus que la contraception orale, en général, limite la croissance des fibromes !


- Le cancer du col utérin ? Il devrait être détecté au moyen de programmes de dépistage de routine - autrement dit : le frottis vaginal, qu’il est abusif d’effectuer plus d’une fois tous les trois ans chez une femme n’ayant qu’un seul partenaire sexuel.

D’après les consensus scientifiques actuels, le premier frottis devrait avoir lieu à l’âge de 25 ans OU BIEN 8 ans après le premier rapport sexuel. Ce qui ne concerne évidemment pas les adolescentes.


- Les infections sexuellement transmissibles ? Elles sont fréquentes parmi les jeunes femmes sexuellement actives, mais l’établissement des antécédents sexuels (multipartenariat, absence d’utilisation de préservatifs) et la présence de symptômes éventuels comme des " pertes " anormales permettent au médecin de déterminer lesquelles de ces femmes sont exposées à des risques particuliers et doivent faire l’objet d’un dépistage.
Par ailleurs, les infections asymptomatiques (silencieuses) telles que l’infection à Chlamydia trachomatis ne sont détectées que par des tests microbiologiques spécifiques, et non par l’examen clinique seul.

- la grossesse ? le médecin (et la femme...) l’évoquent sur la base de l’historique des règles. Et quoi qu’il en soit, si une grossesse a débuté il y a moins de six semaines, elle n’est pas détectée par l’examen gynécologique ("toucher" vaginal) : l’utérus n’a pas encore grossi. Dans le doute, un test de grossesse acheté en pharmacie est plus fiable, tout aussi rapide et beaucoup moins agressif pour la femme.


             On peut déduire logiquement de ce qui précède que l’examen des seins et l’examen gynécologique sont absolument abusifs avant prescription d’une pilule contraceptive à une adolescente ou une femme jeune en bonne santé qui ne se plaint de rien

          Il n’est pas inutile que ces femmes le sachent afin de refuser, poliment mais fermement, l’examen clinique comme " condition " de la délivrance de la pilule.

         Le document de l’IPPF ajoute en effet : L’examen des seins ou du pelvis ne permet que rarement de détecter l’existence d’une maladie. Par contre, il a tendance à attirer l’attention sur des phénomènes qui ne présentent pas de pertinence clinique et, ce faisant, suscite l’inquiétude des patientes.

          Les femmes seraient plus susceptibles de solliciter des conseils en matière de contraception si ces deux types d’examen, qui ne présentent que peu d’utilité d’un point de vue clinique, cessaient d’être systématiques et n’étaient effectués que lorsque les antécédents médicaux de la patiente le justifient. Les praticiens qui y ont recours de façon systématique devraient se demander pourquoi ils continuent de le faire.

         Les recommandations actuelles de l’OMS en matière d’utilisation des contraceptifs indiquent que le seul examen médical nécessaire avant prescription d’un contraceptif hormonal est la mesure de la tension artérielle.

          J’ajouterai qu’en France, la prescription de pilule contraceptive PEUT et DOIT (en l’absence de contre-indication) être faite pour 12 MOIS ! ! ! ! La loi (et la sécu) l’autorise absolument.
        Même si vous devez tout de même aller chercher une boîte de trois plaquettes chaque trimestre chez votre pharmacien (car la délivrance de la pilule n’est autorisée que pour trois mois d’affilée), il est abusif qu’on vous impose une consultation tous les 3 ou 6 mois uniquement pour renouveler une pilule que vous tolérez parfaitement.

Martin Winckler

Article du 16 novembre 2008

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