Publié par Le PARISIEN-Journal

902916_toubib_150x113.jpg« On va manquer de généralistes »

Le Parisien


           "Le journal consacre ainsi deux pages au « grand malaise des médecins de famille », notant que les « généralistes traversent une grave crise des vocations. La profession vieillit et les jeunes préfèrent le salariat. Des régions entières se transforment en déserts médicaux ».


           « Salles d’attente surchargées, retraite à 65 ans, dévalorisation du métier… les médecins ont le blues. Seuls 10% des nouveaux diplômés choisissent de s’installer en libéral. Si rien n’est fait, 30 000 généralistes pourraient disparaître en 15 ans », poursuit le quotidien.


          Le Parisien revient sur les causes cette situation : « une anticipation insuffisante des pouvoirs publics qui fait que la profession est en plein «papy boom» », ou encore « la dégradation de l’image de la profession dans la société ».


           Le journal relève en effet : « Paperasse, journées interminables, difficulté à transmettre son cabinet… l’image du «bon docteur» n’attire plus. Pis, chaque année, des milliers de médecins proches de la retraite décrochent leur plaque pour aller faire des remplacements… ».


            Le Parisien note enfin que « devenir médecin salarié leur apparaît comme un bon compromis ».
            Le quotidien publie notamment les propos d’Elisabeth Hubert, « chargée d’une mission sur la médecine de proximité », et qui « doit apporter dans les 6 mois des pistes de réforme ».
L’ancienne ministre de la Santé relève qu’« il y a un problème d’attractivité en médecine de proximité. […] Je me garderai bien de jeter la pierre à qui que ce soit, les erreurs sont collectives ».


            Elisabeth Hubert note que les médecins « n’ont pas tort de se dire écrasés par l’administratif : parfois on a l’impression que l’assurance maladie s’ingénie à compliquer des choses. Il faut créer un environnement favorable à l’exercice libéral ».


      La chargée de mission remarque que « les études de médecine ne stimulent en rien les vocations de généraliste et même, plus largement, de médecin libéral. […] Le seul modèle dont dispose aujourd’hui l’étudiant pour choisir c’est le modèle hospitalo-universitaire, c’est-à-dire celui du salariat, du temps de travail encadré, du travail en équipe… ».

 


Un métier en plein « papy boom »

Comment en est-on arrivé là ?


Tout d’abord, une anticipation insuffisante des pouvoirs publics qui fait que la profession, aujourd’hui, est en plein « papy boom ». Quelque 80 % des médecins en exercice ont plus de 50 ans et 1 300 partent à la retraite chaque année.

          Explication : dans les années 1990, les responsables politiques, en quête d’économies dans les dépenses de santé, ont jugé bon de réduire le nombre de prescripteurs… Le nombre de postes aux concours n’a été relevé qu’à partir de 2005, mais il faut dix ans pour former un généraliste.


              Second facteur de cette crise des vocations : la dégradation de l’image de la profession dans la société. Paperasse, journées interminables, retraite à 65 ans, difficulté à transmettre son cabinet… l’image du « bon docteur » n’attire plus. Pis, chaque année, des milliers de médecins proches de la retraite décrochent leur plaque pour aller faire des remplacements…


           Du coup, le salariat le comble pour un pays où le système de médecine reste fondamentalement libéral attise les convoitises. Plus que leurs aînés, les jeunes médecins cherchent à préserver leur vie privée et familiale.

 

            Devenir médecin salarié leur apparaît comme un bon compromis.

 

            Un tiers des 98 646 généralistes et deux tiers des femmes médecins travaillent actuellement pour des laboratoires, des conseils généraux, des groupes de maisons de retraite… Avec horaires encadrés et vacances assurées.

 



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