Publié par Responsable éditorial

La recommandation de la HAS/ANSM intitulée « stratégies médicamenteuses du contrôle glycémique du diabète de type 2 » doit être modifiée GG-2013-04-22-a-07.10.58.jpg


Le CNGE prend acte de l’objectif limité de cette recommandation. Elle devrait nécessairement être accompagnée de guides de pratique actualisés concernant les autres champs de la prise en charge globale du patient diabétique : modifications du style de vie, éducation thérapeutique et lutte contres les inégalités sociales de santé.


Le CNGE note que les valeurs cibles proposées pour l’HBA1c (≤ 7% dans le cas général), sont plus réalistes que dans les précédentes recommandations et intègrent les données actuelles de la science1. En revanche, il n’est pas démontré que la surveillance uniforme de l’HBA1c 4 fois/an pour tous les patients soit utile.


Le CNGE remarque que 54 des 58 recommandations émises sont exclusivement basées sur des opinions d’expert. La plupart des schémas thérapeutiques hypoglycémiants recommandés ont une balance bénéfice/risque dénuée de preuves scientifiques en termes de réduction de la morbimortalité cardiovasculaire.


Le CNGE

  •   Rappelle que la réduction de la pression artérielle2 et du LDL cholestérol avec les statines3 ont démontré leur efficacité sur la réduction de la morbidité cardiovasculaire et doivent être

    priorisées chez les patients ayant un diabète de type 2.

  •  Recommande de ne pas prescrire les médicaments de la voie des incrétines (inhibiteurs de la DPP-4 et analogues du GLP-1) tant que leur efficacité et leur sécurité d’emploi ne sont pas connues ; les patients ne doivent pas être exposés aux effets indésirables potentiellement graves de principes actifs insuffisamment évalués, alors que des signaux de pharmacovigilance incitent à la prudence. 

  •  Propose d’en rester aux médicaments antidiabétiques dont les risques sont connus et maîtrisables : metformine en 1ère intention, sulfamides/glinides/acarbose en 2e ou 3e ligne même si leur efficacité n’est pas démontrée en termes de morbimortalité4 ; l'insulinothérapie peut parfois être utilisée au cas par cas avec des patients ayant compris l’utilité d’une diététique adaptée. 

  •  Demande aux autorités sanitaires de financer des essais visant à valider les stratégies médicamenteuses et le rapport bénéfice/risque des nouveaux principes actifs. La santé des patients et la responsabilité des prescripteurs ne doivent pas dépendre de recommandations reposant sur des stratégies non validées

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DU COLLEGE NATIONAL DES GENERALISTES ENSEIGNANTS

Vincennes, 9 avril 2013


  • CNGE 6bis rue des 2 communes 94 300 Vincennes www.cnge.fr cnge@cnge.fr

Références

  1. ACCORD Study Group. Effects of intensive glucose lowering in type 2 diabetes. N Engl J Med 2008;358:2545-59.

  2. Reboldi G, Gentile G, Angeli F, et al. Effects of intensive blood pressure reduction on myocardial infarction and stroke in diabetes: a meta-analysis in 73 913 patients. J Hypertens 2011;29:1253-69.

  3. Cholesterol Treatement Trialists’ (CTT) Collaborators. Efficacy of cholesterol-lowering therapy in 18 686 people with diabetes in 14 randomised trials of statins: a meta-analysis. Lancet 2008;371:117-25.

  4. Boussageon R,Supper I, Bejan-Angoulvant T, et al. Reappraisal of Metformin Efficacy in the treatment of Type 2 Diabetes: A Meta-Analysis of Randomised Controlled Trials. PLoS Med 2012; 9(4): e1001204. i:10.1371/journal.pmed.1001204.

Pour le Conseil scientifique du CNGE, contacts Presse : Vincent RENARD 06 25 80 33 29
Isabelle Auger-Aubin 06 21 74 46 59

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