Publié par INSERM

HTA : le difficile respect des recommandations de l’HAS en médecine de ville

        La Haute Autorité de santé (HAS) publie régulièrement des recommandations de bonnes pratiques et des outils favorisant leur mise en place par les professionnels de santé. Mais les médecins généralistes ne parviennent pas toujours à les mettre en œuvre.
Exemple avec la prise en charge de l’hypertension artérielle (HTA).   

         La majorité des hypertendus sont suivis par leur médecin généraliste.
   Or, on constate que la pression artérielle de ces patients est souvent supérieure aux recommandations de l’HAS. Alors, comment les médecins généralistes appliquent-ils les recommandations de prise en charge des hypertendus ?
C’est pour répondre à cette question que le Dr Robert Nicodème, du département universitaire de médecine générale, du CHU de Rangueil à Toulouse, a mené une étude* avec l’aide de Bernard Chamontin, du service de médecine interne et hypertension artérielle du même CHU, et des chercheurs de l’unité Inserm 558 « Epidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps », dirigée le Pr Thierry Lang.

     « Plus de 500 patients hypertendus traités par voie médicamenteuse ont été inclus dans cette étude supportée par l’HAS. D’après les résultats, alors que 58 % avaient une pression supérieure à 140/90 mmHg, le traitement avait été modifié chez seulement 15 % d’entre eux », décrit le Robert Nicodème.
Les médecins avancent plusieurs explications à cela :
 certains considèrent que la mesure de la tension artérielle de leurs patients ne correspond pas à la réalité, qu’elle va s’améliorer après la consultation, ou bien
que ce n'est déjà pas si mal compte tenu des circonstances ;
d’autres argumentent en disant que le patient est venu pour autre chose ou qu’il souffre d’autres pathologies plus graves.


« Ces résultats sont clairs : lorsqu’on édicte des recommandations de bonnes pratiques, il faut s’interroger sur les conditions de leur mise en place, c’est indispensable.

Mais cela montre aussi que pour les médecins généralistes, le contrôle de la pression artérielle chez les patients hypertendus n’est pas une priorité.
Pourtant, on sait que cela permet de réduire considérablement les risques d’accident vasculaire cérébral », résume le Robert Nicodème.
    
En pratique :

- S’informer régulièrement des recommandations de bonnes pratiques publiées par l’HAS et les intégrer à sa pratique quotidienne.

- Hiérarchiser la prise en charge des pathologies sans négliger l’hypertension artérielle.


* Poor blood pressure control in général practice : in search of explanations. Robert Nicodème et al. Archives of Cardiovascular Disease, juin 2009 ; 102 : 477-483.

  EN SAVOIR PLUS : HTA ET RECOMMANDATIONS

        -Prise en charge des patients adultes atteints d’hypertension artérielle essentielle - Actualisation 2005. Haute Autorité de santé (HAS), juillet 2005.

         -Point de repères numéro 10 - Hypertension artérielle et facteur de risques associés : évolutions des traitements entre 2000 et 2006. Assurance maladie, octobre 2007.

         -Surveillance de l’hypertension artérielle en France. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 16 décembre 2008 ; numéro thématique 49-50.

         -Hypertension artérielle : état des lieux en France. La Lettre Inserm des Médecins généralistes, février 2009.

         -La prescription de traitements antihypertenseurs par les médecins non spécialistes. La Lettre Inserm des Médecins généralistes, décembre 2008.
     
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