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place à "la partie civile" .....


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Dabigatran (Pradaxa°) : un anticoagulant à l'origine d’hémorragies graves parfois mortelles

Le dabigatran (Pradaxa°) est à utiliser avec beaucoup de précautions chez certains patients, en prenant en compte les situations majorant le risque hémorragique.

Les anticoagulants oraux utilisés pour éviter les caillots artériels ou veineux sont la première cause d'effets indésirables médicamenteux graves à l'origine d'hospitalisation (17 000 par an environ en France) et de morts (environ 5 000 par an en France).

Commercialisés depuis des décennies, les antivitamine K sont très majoritairement en cause dans les études publiées. 

Mais les notifications d'effets indésirables sont en augmentation avec les anticoagulants oraux plus récemment commercialisés (apixaban (Eliquis°), dabigatran (Pradaxa°), rivaroxaban (Xarelto°)).

Leur utilisation est présentée comme plus confortable pour les patients (pas de prise de sang pour dosage de l'INR), mais en pratique il faut surveiller la fonction rénale et il n'existe pas sur le marché d'antidote en cas d'hémorragie grave.

256 décès par hémorragie liée au dabigatran ont été enregistrés en Europe et près de 800 hémorragies graves ont été notifiées en Australie, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande et aux États-Unis d'Amérique (plusieurs centaines de morts au total).

Différentes situations majorent le risque hémorragique, même à faible dose : une insuffisance rénale même légère, un âge supérieur à 75 ans, un poids inférieur à 60 kg.

Un changement d'anticoagulant impliquant le dabigatran augmente le risque d'hémorragies graves, en perturbant les tests biologiques de surveillance des autres anticoagulants.

Ouvrir ou mâcher les gélules de dabigatran augmente le risque d'hémorragies.

Le dabigatran interagit avec de nombreux médicaments, ce qui augmente parfois le risque de saignements.


L'utilisation du dabigatran est à réserver à certains patients à risque de thrombose important, quand l'utilisation d'un autre anticoagulant pose des problèmes difficiles à résoudre.

Quand cette utilisation est justifiée, une surveillance est à organiser : surveillance biologique de la fonction rénale, repérage des situations à risque, information des patients du risque hémorragique et du risque d'interactions avec de nombreux médicaments.

©Prescrire 1er novembre 2012 

"Dabigatran : hémorragies graves parfois mortelles" Rev Prescrire 2012 ; 32 (349) : 835-837. (pdf, réservé aux abonnés)


 

place à la "défense" .....  LIENGG 2012-11-18 à 20.07.16

 

http://www.bmj.com/content/345/bmj.e7498

 

Abstract

Objective To critically review the effectiveness of the novel oral anticoagulants (rivaroxaban, dabigatran, ximelagatran, and apixaban) in the treatment of acute venous thromboembolism.

Design Systematic review and random effects meta-analysis. Data were extracted independently by two investigators. An adjusted indirect comparison was performed to compare between novel oral anticoagulants.

Data sources Medline, Embase, and Cochrane Library (from inception to April 2012). Hand searching of relevant scientific works and contact with experts.

Study selection Randomised controlled trials of novel oral anticoagulants compared with vitamin K antagonists for acute venous thromboembolism. Selected outcomes were recurrent events, major bleeding, and all cause mortality.

Results Nine studies met our inclusion criteria, involving 16 701 patients evaluated for efficacy and 16 611 for safety. Data were stratified according to different novel oral anticoagulants. For recurrent acute venous thromboembolism, there were no significant differences in events rates between any of the anticoagulants and conventional treatment (rivaroxaban (four studies): relative risk 0.85, 95% confidence interval 0.55 to 1.31; dabigatran (two studies): 1.09, 0.76 to 1.57; ximelagatran (two studies): 1.06, 0.62 to 1.80; and apixaban (one study): 0.98, 0.20 to 4.79). Rivaroxaban reduced the risk of major bleeding compared with conventional treatment (0.57, 0.39 to 0.84), whereas other novel oral anticoagulants did not (0.76 (0.49 to 1.18) for dabigatran; 0.54 (0.28 to 1.03) for ximelagatran; 2.95 (0.12 to 71.82) for apixaban). For all cause mortality there were no significant differences between the novel oral anticoagulants and conventional treatment (0.96 (0.72 to 1.27) for rivaroxaban; 1.00 (0.67 to 1.50) for dabigatran; 0.67 (0.42 to 1.08) for ximelagatran; 6.89 (0.36 to 132.06) for apixaban). The adjusted indirect comparison between rivaroxaban and dabigatran did not show superiority of either drug over the others for major bleeding (0.75, 0.41 to 1.34) or the other endpoints.

Conclusions Compared with vitamin K antagonists, the novel oral anticoagulants had a similar risk of recurrence of acute venous thromboembolism and all cause mortality, though rivaroxaban was associated with a reduced risk of bleeding