Publié par Responsable éditorial

Améliorer le dispositif d’annonce copieecran 2011-05-04 à 07.04.14

des diagnostics graves aux malades et à leur entourage

 

 

 

PARIS, le 28 juin 2011. Dans le cadre de l’année des patients et de leurs droits, le Conseil National a convié, experts, institutionnels et journalistes pour débattre de la formalisation du dispositif d’annonce autour de la question : « comment annoncer des diagnostics graves aux malades et à leur entourage ? ». La formation des médecins, l’introduction de la personne de confiance et le positionnement central du médecin traitant au sein du dispositif d’annonce figurent parmi les principales mesures à appliquer à la pratique médicale. 

 

La question du dispositif d’annonce est une problématique centrale de la relation médecin-patient. Les témoignages de patients révèlent que les médecins rencontrent des difficultés dans le cadre de l’annonce. Certaines peuvent être faites de façon trop brutale, parfois entre deux portes ou par téléphone. La formalisation de ce dispositif doit induire des dimensions éthiques, déontologiques et émotionnelles importantes fournissant aux médecins un cadre approprié que ce soit lors de la préparation à l’annonce,  de la prise en charge du patient et du suivi de ce dernier.

 

Basé sur les conclusions des  travaux du Séminaire annuel du CNOM consacré à trois types de pathologies significatives (cancérologie, grossesse et pédiatrie, neurologie), la cinquième édition des débats du Conseil National de l’Ordre des Médecins a été l’occasion pour les intervenants présents de s’interroger sur les réalités du dispositif d’annonce dans la pratique, d’échanger sur les facteurs d’amélioration de la collaboration entre professionnels de santé et de réfléchir à des mesures concrètes à apporter à la formation des futurs médecins.

 

Dans ce cadre, le CNOM a ouvert plusieurs pistes de propositions afin d’améliorer la formalisation du dispositif d’annonce afin d’optimiser l’écoute, la compréhension et l’accompagnement durable des médecins à l’égard des patients, tout au long de leur prise en charge :

 

 

Intégrer le compagnonnage dans la formation des jeunes médecins. Les intervenants présents s’accordent à dire qu’une formation sur la prise en charge des patients et sur l’annonce d’un diagnostic grave doit être généralisée. L’attitude adoptée par le médecin lors de l’annonce joue un rôle considérable dans la perception qu’aura le patient de sa maladie et de sa prise en charge. Une formation à l’éthique, à la déontologie et à l’émotionnel est indispensable. Selon le CNOM, seul le compagnonnage peut permettre, au-delà de l’acquisition d’un savoir et d’un savoir-faire, l’acquisition d’un savoir-être. Cette demande formulée clairement par les jeunes médecins est soutenue par le Conseil National, qui a transmis au ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé un nouvel article du code de déontologie (68 bis) visant à intégrer pleinement cette notion au sein de la formation des jeunes médecins. Le Docteur Michel Legmann, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins souhaite ainsi « réhumaniser le rôle du médecin dans sa relation avec le patient ». Ce processus permettra aux jeunes médecins de comprendre

 

 

  • que dans la démarche difficile qu’est l’annonce d’un diagnostic grave, leur responsabilité n’est pas uniquement d’ordre juridique, mais aussi et surtout humaine.

 

  • Introduire clairement le rôle de la personne de confiance. Le patient, s’il le souhaite, doit pouvoir désigner une personne de confiance (un parent ou un proche) qui l’accompagne dans ses démarches et assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses décisions. Interlocuteur principal du corps médical dans le cadre de la prise en charge du patient, cette personne est reconnue comme participant à l’élaboration du  projet thérapeutique ainsi que du projet de vie. Elle représente le patient.

 

  • Le CNOM rappelle ainsi le rôle incontournable joué par la personne de confiance au sein du dispositif d’annonce. Il initie actuellement un travail d’adaptation du dernier alinéa de l’article 35 du code de déontologie afin d’y préciser la place de la personne  de confiance.

 

  • Mettre le médecin traitant au cœur du dispositif d’annonce. Le rôle du médecin traitant, ordinairement le médecin généraliste, est particulièrement important dans la mesure où il aura le plus souvent au préalable orienté le patient. Dans tous les cas, il devra gérer les périodes de prise en charge au domicile du patient faisant suite à l’annonce. Dans ce cadre, les intervenants ont abordé l’importance de la coordination ainsi que la cohérence des informations données au patient dont tous les acteurs, et en premier lieu le médecin généraliste, doivent faire preuve. Une communication précise, claire et loyale est nécessaire afin que le médecin puisse informer et rassurer son patient. C’est grâce à cette bonne communication que le médecin va pouvoir être à l’écoute, disponible et ainsi soutenir son patient tout au long du dispositif d’annonce.  

Pour le CNOM, le déploiement d’une messagerie professionnelle électronique sécurisée, qui permet d’assurer un échange de correspondance médicale entre un médecin et ses confrères, ou avec les autres professionnels de santé, prend ici tout son sens. Cette messagerie doit  permettre :

o   La fluidification, l’accélération et la traçabilité des échanges sécurisés de données pour le suivi du malade,

o   Une meilleure centralisation des informations échangées au sujet d’un patient,

o   L’amélioration de la coopération entre professionnels de santé dans la prise en charge du patient,

o   L’intégration au DMP.

 

 

Lors de la cinquième édition des débats du CNOM, autour du Docteur André Deseur, porte-parole et président de la section exercice professionnel du CNOM, ont notamment participé en qualité d’intervenants :

·       M le Professeur Dominique Maraninchi, ancien Président de l’Inca et Directeur Général de l’Afssaps

·       M le Professeur Christian Hervé, Directeur du Laboratoire d’Ethique Médicale de Droit de la santé et de Santé Publique de l’Université René Descartes – Paris V

·       M  Nicolas Brun, Président honoraire de l’Union nationale des associations familiales

 

 

Presse : Evelyne Acchiardi - 01 53 89 32 80


COMMUNIQUE DE PRESSE Les Débats du CNOM :

                                                        Paris le 7 Juillet 2011

Vous retrouverez le compte-rendu et la vidéo des débats sur notre site :

 www.conseil-national.medecin.fr

 


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