Publié par Quotimed

Vers la fin des AVK dans la fibrillation atriale ? du Congrés de BARCELONE

         Le dabigatran apparaît comme une alternative aux antivitamines K (AVK) dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux chez les patients atteints de fibrillation atriale. Il apporte une remarquable simplification du traitement.

           L’ÉTUDE RE-LY, dont les résultats ont été présentés au congrès de l’European Society of Cardiology (ESC), à Barcelone, et publiés en ligne par le « New England Journal of Medicine », a fait grand bruit au sein de la communauté cardiologique.
Avec plus de 18 000 patients, elle confirme l’efficacité d’un inhibiteur de la thrombine, le dabigatran, dans la prévention des AVC et des embolies systémiques chez les patients atteints de fibrillation atriale (FA).


                Les participants, en majorité des hommes, âgés de 71 ans en moyenne, avaient une FA et au moins un autre facteur de risque. I
ls ont été répartis en trois groupes, l
’un a été mis sous warfarine,
 les deux autres sous dabigatran, 110 et 150 mg deux fois par jour.


           Par rapport à la warfarine, les deux doses de dabigatran ont démontré leur non-infériorité.       
        La plus faible dose a assuré une baisse des risques d’AVC et d’embolie similaire à celle observée sous warfarine, avec une moindre incidence d’hémorragies sévères
(p = 0,003).
      La plus forte dose s’est avérée plus efficace que la warfarine, avec une diminution de 34 % des risques d’AVC et d’embolie systémique (p < 0,001) sans augmentation des saignements majeurs.

        Les deux dosages ont été associés à une diminution des AVC hémorragiques avec une réduction du risque relatif de 74 et 69 % respectivement. Autre résultat inattendu et inexpliqué : dans le groupe dabigatran, une petite augmentation de l’incidence des infarctus du myocarde, à la limite de la significativité statistique.


        Le dabigatran présente en outre un avantage : il ne nécessite ni surveillance biologique, ni ajustement posologique.
De plus, il n’a pratiquement aucune interaction alimentaire, ni pharmacologique.

Cet inhibiteur de la thrombine est commercialisé par Boehringer Ingelheim sous le nom de Pradaxa dans le cadre de la prévention primaire des accidents thromboemboliques veineux liés à la chirurgie programmée pour prothèse totale de hanche ou de genou.

› Dr MARINE JORAS

N Eng J Med 2009 ; 361, mise en ligne le 30 août 2009.

Quotimed.com, le 01/09/2009


Que disait Prescrire en 2008

         Pour la prévention des accidents thromboemboliques veineux en chirurgie orthopédique, deux essais montrent que le dabigatran n'est pas plus efficace que l'énoxaparine et qu'il ne provoque pas moins d'accidents hémorragiques. On ne connaît pas d'antidote en cas de surdose de dabigatran. Sa facilité de prise par voie orale, et l'absence de surveillance biologique sont séduisantes. Mais on manque de recul quant à ses effets indésirables, en particulier chez les patients ayant plus de 75 ans et ceux ayant une insuffisance rénale modérée. Autant en rester à une héparine.
Rev Prescrire 2008 ; 28 (301) : 806-810.


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