Publié par Formation Médicale Continue

Je remercie le docteur X de m'avoir permis de publier son temoignage :
que la gesticulation continue.......
Le Webmestre



     Triste matinée pour moi.

" Fermeture définitive du cabinet médical pour raison de santé. Il n'y aura pas de repreneur...".
J'ai collé cette affiche tout à l'heure sur la porte du cabinet médical d'un médecin ( malade ) que je remplaçais depuis plusieurs mois.

     Bien-sûr ce cabinet est situé dans un quartier défavorisé.
80% des patients sont issus de l'immigration. Ils sont nombreux à ne pas parler français. D'autres patients sont des gitans plus ou moins sédentarisés. Les alcoolo-tabagiques sont légions. La misère sociale est criante.
Vous imaginez ces 2 lignes écrites sur une annonce pour céder un cabinet ? Le médecin remplacé s'est contenté de mettre le nom du quartier sur son annonce. Même effet. Aucun appel en 5 mois...

    Moi non plus je ne veux pas m'installer dans ce quartier.
Pourtant mon remplacement s'est bien passé. Je crois même que j'ai adoré. C'est la première fois que je crée des liens aussi fort avec les patients. Des patients souvent attachants, très respectueux la plupart du temps ( passons sur les menaces de mort du patient toxico. Mais franchement, je ne me sens pas à la hauteur d'être médecin dans ce quartier. Pas toute ma vie.
       Le quartier n'a plus de médecin et pourtant les gens qui y vivent en ont besoin, peut-être plus qu'ailleurs.
Si le centre médico-social de ce quartier me proposait un poste avec un salaire équivalent à celui d'un médecin libéral, je signerai demain.
      Mais sincèrement, "affronter" seul ces patients ( sans infirmière, sans traducteur, sans assistante sociale...), dans mon petit cabinet, c'est au-dessus de mes moyens.
      Ce cas n'est pas un cas isolé. L'année dernière, j'ai remplacé dans un autre cabinet d'un quartier "chaud". Même fin tragique. Pas de repreneur. Le cabinet est aussi fermé depuis cette année.
    On parle beaucoup de la pénurie des médecins dans les campagnes mais la pénurie dans les quartiers défavorisés demeurent un peu tabou.
      Les réponses des dirigeants à ce problème  sont aussi floues que les réponses que j'apportais aux patients qui me demandaient pourquoi je ne reprenais pas le cabinet...
Que faire ?

-------------------------------------------------------------------------

AUTRE ARTICLE/

Petit Bleu DINAN : Médecins: une hémorragie inquiétante (édition du Jeudi 20 Novembre 2008



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :