Publié par Formation Médicale Continue

Cancer de la prostate : vers un test dans les urines

            Le laboratoire bioMérieux prépare un test urinaire  capable de simplifier le dépistage des cancers de la prostate. Un test génétique, plus fiable mais plus coûteux, est déjà disponible.

         Des deux côtés de l'Atlantique, la polémique sur le dépistage généralisé du cancer de la prostate fait rage depuis un an. C'est dans ce contexte que la firme lyonnaise bioMérieux a annoncé jeudi auprès des investisseurs avoir conclu un accord de développement avec une firme de biotechnologie allemande (ProteoSys AG) pour un nouveau test de dépistage du cancer de la prostate dans les urines.
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        En fonction des résultats de plusieurs dosages de PSA étalés dans le temps chez un même individu, il peut être décidé ou non de proposer au sujet une, voire plusieurs biopsies de la prostate. L'analyse de ces biopsies décidera alors de la suite chirurgicale ou non à donner.

         Régulièrement, de nouveaux tests prétendent être plus fiables que le PSA, mais ne l'ont toujours pas remplacé. Dans le cas de bioMérieux, il s'agit de mesurer la concentration, dans les urines du patient dépisté, d'une protéine, au moyen d'une méthode automatisée de détection immuno-enzymatique (Elisa) classique.
      Cette protéine «marqueur», c'est l'annexine A3, qui appartenant à une famille de protéines ayant un rôle important de «contrôleur routier» des molécules dans les cellules. Il existe au moins une quinzaine d'annexines et ce n'est pas la première fois que leur présence dans les cellules des cancers de la prostate est établie.

          Pourquoi cherche-t-on de nouveaux marqueurs du cancer de la prostate ? C'est qu'il existe une zone grise, une fourchette où la valeur dosée du PSA n'est ni franchement élevée ni strictement normale. La tentation pour un urologue est grande de faire im médiatement une biopsie «pour voir» : mais léfficacité n'est pas non plus optimale et l'acte est un peu pénible.

«Gérer sagement la stratégie du PSA»
«On estime que le rendement de la biopsie est de 30 à 40 %», explique le Pr Clau­de Abbou (hôpital Henri-Mondor, Créteil) Sur 100 patients ayant un PSA élevé,on ne détecte que 30 à 40 cancers.Aux États-Unis ce rendement serait encore plus faible, de l'ordr ede 15 %.

             Certes, les meilleurs urologues assurent ne pas «être pressés de faire une biopsie». Si un premier PSA est dans la zone grise, on peut attendre trois mois et le refaire. S'il est au même niveau, on peut encore attendre. Ce n'est que si la courbe de PSA s'élève que le chirurgien proposera au patient de faire une biopsie.

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          Il faut préciser que l'annexine A3 n'est pas le seul futur marqueur que l'on voudrait associer au dosage du PSA. Il y a par exemple un test génétique déjà disponible dans deux laboratoires d'analyses français : Pasteur Cerba à Cergy et Biomnis à Ivry. Il permet de doser dans l'urine, en même temps que le PSA, la présence du matériel génétique (ARN messager) exprimé par le gène du cancer de la prostate PCA3. Si l'on ne sait rien du rôle naturel de ce gène, on a constaté qu'il était surexprimé dans les cellules cancéreuses (de 60 à 100 fois plus que les cellules normales).

           Plus le score PCA 3 est élevé, plus la chance qu'une biopsie de la prostate détecte un cancer est grande (jusqu'à 50 % des cas). Autre élément très important : plus le score est élevé, plus le cancer est agressif. Pour l'instant, le test est «hors nomenclature» et coûte 300 euros.


Jean-Michel Bader
26/09/2008
lefigaro.frsanté
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