Publié par Formation Médicale Continue

« Nous ne voulons pas des produits tout faits que l'on veut nous vendre », déclare le Dr Jean-Pierre Desgranges,président sortant de l'Association de FMC des médecins de la circonscription de Dinan (Côtes d'Armor).


Le cahier des charges des organismes de formation continue préparé par les Conseils nationaux de FMC est contraignant pour les petites structures.
La plupart d'entre eux devront rallier de grandes associations nationales pour faire agréer leurs actions.

D'aucuns craignent que le tissu associatif local ne soit écarté du futur dispositif de formation.

LES ASSOCIATIONS de formation médicale continue (FMC) qui souhaitent être agréées par lesConseils nationaux (Cnfmc)devront répondre à un cahier des  charges rigoureux.
Elles auront à remplir un dossier d'une trentaine de pages qui sera officialise après parution du décret sur la FMC (dans les prochains jours.
Il leur faudra en outre, fournir aux Cnfmc des informations sur leur statut juridique,un bilan pédagogique et financier de leur activité, indiquer la composition de leur comité scientifique et pédagogique (quand il existe),informer les Cnfmc sur d'éventuels conflits d'intérêt de leurs menbres.

Accepter le principe d'une évaluation externe du fonctionnement de l'organisme et de la qualité des formations...
Nécessaires pour s'assurer de la qualité scientifique et pédagogique des programmes des associations, mais aussi de la transparence de leurs financements,
ces conditions n'en sont pas moins un important obstacle à l'extension en milieu associatif du nouveau dispositif de FMC.

"Ce cahier des charges un peulourd constitue un problème "concède le Dr Michel Legmann,vice-président du Conseil national de l'Ordre des médecins et membre du Cnflnc des médecins libéraux. .J'ai peur que les petites as- sociations ne soient exclues du
système.

Les contraintes administratiives pourraient en effet empêcher les petites associations de se porter candidates.
 
La fédération, seule solution?
Sur le terrain, effectivement, les représentants de petites structures sont sur le qui-vive. « Il est quasiment impossible de repondre à ce cahier des charges sans se faire aider par des gens qui sont habitués à style de procédure », affirme le Dr Jean-Luc Vidai, président de l'association Escolettas, qui compte une trentaine de membres en Avignon.

Les grandes associations nationales de FMC devraient tirer profit de cette situation. « Si le, cahier des charges est publié tel quel, il va falloir que la profession s'organise »,avance le Dr Perrin. MG-Form réfléchit à une convention de partenariat qui permettrait aux petites associations de s'accoler à ces structures nationale ou régionales.
L'objec"if dc l'opération est de permettre la validation de leur travail et de leur eviter les contraintes admistratives, mojennant une petite participation financière », explique le président de MG-Form.


Cependant, les associations locales ne semblent pas toutes disposées à grossir les rangs des « dinosaures » de la FMC. « Nous ne voulons pas des produits tout faits que l'on veut nous vendre », déclare le Dr Jean-Pierre Desgranges,président sortant de l'Association de FMC des médecins de la circonscription de Dinan (Côtes d'Armor). L'association, qui enregistre la fréquentation de 20 à 30 médecins à ses réunions mensuelles, redoute une moindre participation si les actions ne sont pas agréées.
 Je pense que nous devons poursuivre nos activités, même sans agément, car nos formations correspondent  à des besoins humains et locaux », explique le Dr Desgranges.


La fédération FMC Bretagne, quicompte dans son sillage 25 associations, va demander son agrément aux Cnfmc. « Nous réfléchissons aux modalités permettant aux associations de la fédération de béneficier d'un modèle de formation agrée.Il vaut mieux faire ensemble que chacun dans son coin,"explique le Dr L'Hénaff, président de FMC Bretagne. Nous sommes dans une phase de bouillonnement, de transition. Ii ne faut pas vouloir tout chambouler, comme ii ne faut pas rejeter l'institutionnalisation le la FMC. »

Indépendantistes contre fédérés.
Le Dr Philippe Bonet, vice-président du Cnfmc des médecins libéraux rappelle que les Conseils nationaux à l'origine de ces règles ont eu le souci de préserver le tissu associatif local, mais qu'ils ont été contraints de respecter une législation très stricte. « Il y a quelques grognements, mais il n 'y a pas lieude s'affoler, explique-t-il. Les médecins pourront toujours obtenir leurs 150 credits de formation sur cinq ans [ndlr: en plus des 100 credits pour l'évaluation des pratiques professionnelles], sans que leur association locale soit forcément agréée auprès des Cnfmc.
Grâce à leur abonnement à des revues scientifiques, leurs fonctions au service de la profession, une activité d'enseignant  ou encore à un séminaire annuel de formation conventionnelle. » Le Dr Bonet,président de l'Union nationale des associations de formation médicale continue (Unaformec), précise que les petites associations pourront néanmoins faire entrer leurs actions dans le barème des Cnfmc en ralliant de plus grandes formations.
« On est plus plus performants quandon est fédérés », conclut-il.
> CHRISTOPHE GATTUSO






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