Publié par Formation Médicale Continue

ECN : Le ministère de la Santé privilégie la médecine générale

              LES 5 704 ÉTUDIANTS qui ont passé les épreuves classantes nationales (ECN) attendent depuis plusieurs semaines la publication de la répartition des postes d’internat par villes et par spécialités.
   Celle-ci doit intervenir avant l’annonce des résultats des examens attendue entre le 10 e le 15 juillet. Depuis plusieurs jours, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), l’Intersyndicat national des hôpitaux (ISNIH) et l’Intersyndicale nationale représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) sont en contact permanent avec les services du ministère de la Santé pour avoir des précisions sur l’évolution de ce dossier.
   En début de semaine, les trois associations ont été reçues coup sur coup par des conseillers de Roselyne Bachelot, puis par son directeur de cabinet. L’heure était aux mauvaises nouvelles. Le ministère de la Santé a en effet décidé de revenir sur les engagements tenus lors de la réunion de la commission nationale des études médicales le 14 mai. Il avait indiqué, à cette occasion, son intention d’aboutir à une répartition équilibrée des postes entre la médecine générale et les autres spécialités (« le Quotidien » du 16 mai). Il n’en est plus rien.
   Pour des raisons démographiques, mais aussi vraisemblablement pour des raisons politiques, le ministère de la Santé souhaite maintenant clairement privilégier la médecine générale.

     Sur les 5 704 postes qui seront offerts aux étudiants lors de la procédure de choix des postes,
3164 seront attribués à la médecine générale et 2 540 aux autres spécialités.

    Par rapport à 2007, seules la médecine générale et les spécialités médicales (+ 40 postes) seraient augmentées (1).
       Les associations étudiantes tombent de haut. « On nous a menés en bateau, confie Charles Mazeaud, président de l’ANEMF. Cela ne correspond en rien à ce que l’on nous avait dit. Cette décision est surprenante et va à l’encontre de ce que préconisent les acteurs de la démographie médicale. » Chez les internes de spécialité, la stupéfaction est la même. « Cette volte-face est incompréhensible, commente Olivier Véran, porte-parole de l’ISNIH. Nous redoutons que cette décision ne désorganise l’accès aux soins spécialisés. Cette décision, subite, pose question. Comment former autant d’internes de médecine générale sans poser la question des terrains de stage et des diplômes complémentaires ? Les facs ne sont pas prêtes à former une telle augmentation du nombre de généralistes. » Les internes de médecine générale sont satisfaits du « geste fort » du ministère de la Santé vers leur discipline après les états généraux de l’organisation de la santé (ÉGOS). Bérengère Crochemore, présidente de l’ISNAR-IMG, souligne tout de même qu’une « approche quantitative ne suffira pas à résoudre le problème de la spécialité ». « Il faudra trouver des terrains de stage en pédiatrie, en gynécologie, en médecine générale ambulatoire, qui manquent cruellement… », ajoute-t-elle. Combien de postes de médecine générale seront-ils réellement pourvus après les invalidations de 2e cycle par les étudiants ?

    Le ministère de la Santé table sur un taux d’invalidation de 7,9 %.
 Ce sont donc, selon ces prévisions, 5 253 postes qui seraient pris après le choix de spécialité en amphithéâtre,
 dont 2 540 en spécialité et 2 713 postes en médecine générale.

  
La décision du ministère de la Santé, aussi symbolique soit-elle, pourrait toutefois, selon certains, avoir un effet repoussoir auprès des étudiants qui se sentiraient contraints de choisir la médecine générale à défaut. Comme dans l’ancien temps. >

CHRISTOPHE GATTUSO

 (1) La répartition des postes 2008 devrait donc être la suivante :
spécialités médicales (875),
spécialités chirurgicales (550),
 anesthésie-réanimation (250),
biologie médicale (60),
gynécologie-obstétrique (155),
gynécologie médicale (20),
médecine du travail (60),
pédiatrie (200),
psychiatrie (300),
santé publique (70)
et médecine générale (3 164),

sous réserve de la parution au « Journal officiel ».

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lien vers ECN 2007
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