Publié par Ouest France

Les réactions à cet  article sont dans "commentaires "    maj 02/03/06







Dix-huit médecins demandent la suspension du pôle de santé public/privé
Hôpital: une lettre ouverte qui fait mal

Le pôle de santé public/privé, qui s'installera d'ici à 2009 à l'hôpital, est sur les rails.
Pourtant certains médecins de l'hôpital demandent la suspension immédiate du projet de rapprochement dans une lettre ouverte. La direction parle 'd'une cabale interne orchestrée par ceux qui sont contre tout.

Dix-huit médecins, sur la quarantaine que compte l'hôpital René Pléven, viennent de rédiger une lettre ouverte faisant part de leurs inquiétudes sur le rapprochement de l'hôpital avec la polyclinique de la Rance et la mise en place du pôle de santé public/privé d'ici à 2009.

Dans cette lettre, il est notamment écrit: 'Médecins hospitaliers de diverses spécialités, nous sommes majoritairement inquiets de ce projet, pourtant présenté depuis le début comme idéal et consensuel. La commission médicale d'établissement s'était d'ailleurs prononcée contre cette solution de site unique en septembre 2004. Devant la difficulté à faire entendre notre position et à obtenir des réponses, nous tenons à faire connaître publiquement nos interrogations sur ce projet qui ne répond pas aux difficultés imminentes de prise en charge des patients.»
Les médecins ajoutent: «Nous ne sommes en rien opposés à une collaboration avec nos collègues libéraux [...] Nous sommes en revanche surpris du refus catégorique de nos tutelles d'évaluer les différentes solutions possibles, à commencer par celle toute simple consistant à travailler en coopération en maintenant les deux sites actuels. Le budget prévu serait certainement mieux utilisé en permettant de conforter et développer l'activité des deux établissements sur leurs sites respectifs.» Le financement pose apparemment un problème aux médecins:

Notre première interrogation concerne le financement de ce projet, qui consiste à déplacer d' 1,5 km une clinique privée récemment refaite à neuf, pour l'installer à côté de l'hôpital en lieu et place du bâtiment des archives, lui même récent et ainsi voué à la destruction. Le financement par l'État dans le cadre du plan hôpital 2007 ne compensera que partiellement le coût de ce projet, évalué au bas mot à 25 millions d'euros.»


Un programme hasardeux»

Les médecins poursuivent: 'Notre deuxième interrogation, encore plus urgente, concerne la prise en charge des patients dans des spécialités comme la radiologie et la chirurgie. Faute d'avenir pour ces services, les praticiens titulaires qui partent en retraite ne peuvent être remplacés, quand c'est possible, que par des intérimaires sur de courtes périodes. Sans interlocuteur clairement identifié, les délais d'obtention des examens s'allongent, le suivi des patients devient aléatoire et la qualité de la prise en charge est compromise. La question se pose dès maintenant et ne peut attendre trois ans la mise en place d'un nouveau bâtiment qui ne résoudra rien. Les praticiens demandent notamment: «la suspension immédiate de ce projet dans l'attente de l'avis des autorités de contrôle compétentes sur l'utilisation des fonds publics. Et l'urgence n'est pas de se lancer dans un programme immobilier hasardeux mais de redéfinir à l'organisation de la prise en charge des patients de notre secteur.»
Pour le directeur du centre hospitalier Jack Erhel, cette lettre anonyme n'a pas de sens. Les médecins à l'origine de ce courrier devraient avoir le courage de signer ce document. C'est, pour moi, une cabale interne qui regroupe ceux qui sont contre tout.

Et si les deux établissements restaient chacun de leur côté, tout le monde sait que c'est la fin de la maternité.

Vincent JARNIGON.


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