Publié par Formation Médicale Continue

Rappel contextuel : l'homéopathie, une médecine à haute dilution née en Allemagne

L'homéopathie a été mise au point par un médecin allemand Samuel Hahnemann, à la fin du XVIIIe siècle.  Elle part du principe qu'une substance donnée à une dose très faible peut agir sur des problèmes de santé, alors qu'elle serait toxique à dose "normale". 

 

Pour obtenir ces doses, des dilutions multiples de substances actives sont effectuées, à tel point que chaque granule contient une quantité minime ou infinitésimale de ces substances (voire aucune molécule, lorsque la dilution inférieure à 1/1024, dilution notée 12CH). Les granules homéopathiques sont fabriqués avec du sucre et cette solution diluée, après qu'elle ait été "dynamisée" (secouée). 

 

Une efficacité alléguée dans le cadre de consultations homéopathiques, mais non démontrée scientifiquement, malgré le remboursement de 1 163 spécialités depuis 1984

Ces granules sont très souvent utilisés en France. Bien que leur effet ne diffère pas du placebo dans les études cliniques, les médecins homéopathes estiment notamment que dans le cadre d'une consultation longue, globale, les médicaments homéopathiques peuvent être utiles, en particulier pour renforcer le terrain, les défenses immunitaires. 

 

Mais l'AMM des médicaments homéopathiques, qu'ils soient utilisés ou non en prévention de la grippe, n'a pas été conditionnée à l'existence de preuves scientifiques, de même que leur remboursement dans certains cas.

 

Ce remboursement a été instauré par un arrêté publié le 8 mai 1967 (non disponible en ligne), pour certaines souches seulement. Le 12 septembre 1984, Georgina Dufoix a fait publier un arrêté élargissant considérablement cette liste, portant à 1 163 le nombre de souches homéopathiques remboursables, à condition qu'elles soient fabriquées par des industriels et non préparées par le pharmacien lui-même (voir cette réponse d'Edith Cresson à Claude Huriet en 1990 sur le site du Sénat).  

 

Des pistes de recherche qui suscitent des débats houleux depuis les années 1980

Certains chercheurs avancent d'étranges modifications infinitésimales de l'eau mise en présence d'anticorps ("mémoire de l'eau" de Jacques Benveniste) ou de bactéries ("signaux électromagnétiques" de nano-structures du Pr Luc Montagnier),  par rapport à de l'eau non exposée, mais l'association de ces modifications de l'eau à d'éventuels effets thérapeutiques supérieurs à celui d'un placebo n'a pas été démontrée à ce jour.