Publié par Formation Médicale Continue

Un rapport de l’Inserm évalue l’efficacité de l’hypnose médicale

Guegen J et al. Rapport Inserm. juin 2015

 

 

            Si l’hypnose existe depuis des centaines années, son utilisation a subi un essor considérable ces dernières décennies.

          A côté des émissions et spectacles la popularisant sous un aspect de divertissement, cette pratique s’est développée dans le domaine médical.

          Après avoir été utilisée tout d’abord en psychiatrie, ses indications se sont élargies à des domaines très variés : douleur, anesthésie, neurochirurgie, traitement des addictions, gastroentérologie…

 

          En outre, sur le plan professionnel, cette discipline est marquée par une grande hétérogénéité. En effet, le terme d’hypnothérapeute n’est pas protégé et les formations à l’hypnose sont dispensées autant par les universités (diplômes non reconnus par l'ordre des médecins) que par des associations ou des organismes privés. Elles sont pour certaines réservées aux professionnels de santé alors que d’autres sont ouvertes à un public plus large.

          Dans ce contexte, et à la demande de la Direction Générale de la Santé (DGS), des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sous la direction de Bruno Falissard (Inserm, Paris) ont tenté d’évaluer, à l’aide des données actuellement disponibles, l’efficacité de l’hypnose dans chacune de ses indications.

          Il en ressort que deux domaines thérapeutiques justifient les indications de l’hypnose : l’anesthésie et le syndrome de côlon irritable.

 

          Pour arriver à ces conclusions, les auteurs ont analysé 52 essais cliniques, ainsi que 17 essais concernant l’Emdr "Eye Movement Desensitization and Reprocessing", une technique de désensibilisation et retraitement par mouvements oculaires, dérivée de l’hypnose, et utilisée en particulier en cas de syndrome de stress post-traumatique.

 

Ni éveil ni sommeil

 

          Les auteurs rappellent tout d’abord que l’hypnose n’est ni un état de vigilance ni un état de sommeil mais un état modifié de conscience.

        A l’échelle biologique, les effets de l’hypnose ont été confirmés par les techniques d’imagerie modernes. Celles-ci ont mis en évidence des modifications de l’activité de certaines régions cérébrales lors de suggestions chez un sujet sous hypnose.

          Dans le domaine de côlon irritable, les études ont montré que des séances régulières d’hypnothérapie limitent les symptômes digestifs. Autre domaine intéressant, celui de l’hypnosédation et de l’hypnoanalgésie. Des expériences impressionnantes, en particulier dans le domaine vasculaire, ont été réalisées récemment en France, avec le traitement d’anévrismes de l’aorte. Certaines interventions sont réalisées sous hypnose seule. D’autres nécessitent une anesthésie locorégionale associée. De nombreuses autres interventions sont concernées : extraction de dents de sagesse, biopsies mammaires, interventions transcatheter, interruptions de grossesse …

 

            Les critères choisis par les auteurs du rapport de l’Inserm pour analyser ces situations étaient très variables et concernaient autant les patients (intensité douloureuse, anxiété, consommation médicamenteuse, effets secondaires indésirables) que l’intervention elle-même (durée, coût).

        Ainsi, "bien que les études ne permettent pas de statuer sur une majorité de ces critères, les résultats concordent sur la consommation de médicaments antalgiques ou sédatifs. Pendant une opération sous anesthésie locale ou générale, l’action des sédatifs est complétée par l’administration d’antalgiques pour contrôler la douleur. Les études montrent que, grâce à l’hypnose, l’usage de ces médicaments est réduit durant ces interventions", conclut l’Inserm. L’Emdr fait aussi la preuve de son utilité dans la prise en charge du stress post-traumatique.

Autre point positif : l’hypnose apparait dénuée d’effets secondaires majeurs.

 

Des données insuffisantes

 

          Par contre elle n’a pas réussi a prouver son efficacité dans plusieurs domaines : la prise en charge de la douleur pendant l’accouchement,

la prévention de la dépression post-partum,

la schizophrénie,

les soins dentaires.

Pour le sevrage tabagique, les données actuelles apparaissent "insuffisantes voire décevantes", estime le rapport.

 

source:

http://www.egora.fr/actus-medicales/201215-un-rapport-de-l’inserm-evalue-l’efficacite-de-l’hypnose-medicale

par Dr Marielle Ammouche le 08-09-2015

 

 

l’Inserm évalue l’efficacité de l’hypnose médicale
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